Le contexte sanitaire somalien fait face à une réalité continue et grave: des enfants qui arrivent tardivement dans les centres de soins, souvent extrêmement affaiblis et déjà en danger. Dans ce cadre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec le Ministère fédéral de la Santé, conduit une révision nationale 2025 du cadre de gestion intégrée de la malnutrition aiguë (IMAM). Cette révision s’appuie sur les dernières preuves mondiales et place la prévention et l’intervention précoce au cœur des soins, afin de réduire les décès et les séquelles liées à la malnutrition.
Plusieurs dizaines de professionnels de santé des hôpitaux et des centres de stabilisation disséminés à travers le territoire somalien ont récemment suivi une formation intensive de deux semaines, intitulée master training-of-trainers, soutenue par l’ECHO et l’OMS. L’objectif est de doter les formateurs nationaux des connaissances et compétences nécessaires pour transmettre des soins nutritionnels de haute qualité et standardisés à l’ensemble des agents de terrain. Cette démarche vise à créer un effet domino durable, en renforçant les capacités locales et en assurant une cohérence dans l’application des directives au niveau local.
OMS et ECHO incarnent une approche stratégique centrée sur la santé infantile et la protection des enfants contre la malnutrition dans des contextes fragiles. La nouvelle orientation met l’accent sur des mesures de prévention ciblées et sur l’accompagnement des mères et des aidants, tout en intégrant des protocoles clarifiés pour la prise en charge des nourrissons et des femmes enceintes ou allaitantes. Cette orientation est essentielle pour réduire les retards de recours et améliorer les résultats cliniques, notamment en matière de croissance et de développement précoce.
Les enseignements tirés des premières sessions de formation démontrent que le renforcement des capacités passe par une approche holistique. Les participants ont mis en évidence des obstacles persistants au niveau communautaire, tels que le manque de sensibilisation et la variabilité des pratiques entre les établissements. Dans ce contexte, la nouvelle IMAM 2025 propose une structure plus lisible, avec des parcours clairs pour la prévention, le dépistage précoce, la prise en charge des enfants à risque et les soins pour les femmes vulnérables, tout en intégrant la nutrition en situations d’urgence. La littérature scientifique démontre que des interventions précoces et coordonnées réduisent les épisodes de malnutrition et améliorent l’adhésion des familles aux conseils nutritionnels.
La présente initiative s’inscrit dans un cadre plus large d’efforts humanitaires destinés à stabiliser les systèmes de santé somaliens, renforcer la résilience des ressources humaines en santé et favoriser une couverture sanitaire universelle dans des zones affectées par l’insécurité et les perturbations économiques. La collaboration entre l’OMS et les autorités nationales illustre une compréhension partagée des leviers d’action: formation, supervision, supervision renforcée et mécanismes de suivi qui permettent d’évaluer la qualité des soins et les résultats chez les enfants et les femmes enceintes. Dans ce contexte, plusieurs observations émergent: la prévention devient déterminante, les nourrissons sous 6 mois nécessitent une attention spécifique, et le soutien à la mère et au caregiver devient un élément clé du cycle de soins.
Les évolutions opérationnelles constatées jusqu’à présent dans le cadre IMAM 2025 s’articulent autour de quatre axes fondamentaux: (1) extension des gestes préventifs et des dépistages précoces, (2) prise en charge élargie des nourrissons à risque et des femmes vulnérables, (3) intégration du travail en réseau avec les services HIV et TB quand nécessaire, et (4) renforcement du cadre de travail des professionnels de santé par la formation et le suivi. Cette approche est soutenue par des chiffres montrant que la malnutrition aiguë demeure l’un des défis sanitaires les plus persistants, affectant les enfants de moins de cinq ans et d’autres populations vulnérables. La coordination entre l’OMS et le ministère local est indispensable pour assurer une mise en œuvre efficace et mesurable sur l’ensemble du territoire.
En somme, l’initiative OMS-ECHO représente une étape déterminante dans la protection de la santé infantile en Somalie. Le virage stratégique vers la prévention, la standardisation des pratiques et la formation continue des professionnels de santé vise à limiter les décès et à améliorer les trajectoires de croissance des enfants. L’avenir proche dépendra de la capacité à maintenir l’élan, à adapter les outils aux réalités locales et à renforcer les liens entre les structures sanitaires et les communautés.
En bref
- Collaboration OMS et ECHO pour former les professionnels de santé somaliens sur les directives IMAM 2025.
- Renforcement des capacités par une formation nationale et un réseau de formateurs locaux.
- Accent sur la prévention, la prise en charge des nourrissons et le soutien des femmes enceintes et allaitantes.
- Intégration de la nutrition en situations d’urgence et d’un cadre standardisé pour les soins.
- Activation des communautés et des familles comme partenaires essentiels dans la prévention de la malnutrition.
- Perspectives d’amélioration des résultats chez les enfants et une réduction des décès liés à la malnutrition aiguë.
Pour approfondir les enjeux, des ressources complémentaires sont disponibles via les liens ci-dessous, qui offrent des analyses et des contextes pertinents sur les défis et les réponses en matière de santé humanitaire et de nutrition.
Ressources complémentaires
- Analyse de la crise sanitaire au Soudan et son impact sur les systèmes de santé
- Ressources OMS et ECHO dans les contextes d’urgence
- Formation et renforcement des capacités des professionnels de santé
- Protection et sécurité des enfants face à la malnutrition dans les situations de crise
- Impact des directives IMAM 2025 sur la santé infantile en Somalie

Formation en cascade et renforcement des capacités des professionnels de santé somaliens
La formation en cascade constitue le pilier opérationnel de l’approche OMS-ECHO. Quatre dizaines de professionnels de santé issus d’hôpitaux et de centres de stabilisation ont reçu une formation centrale de deux semaines, conçue pour les préparer à devenir des formateurs nationaux capables de diffuser rapidement et efficacement les nouvelles directives IMAM 2025 dans l’ensemble du réseau sanitaire. Cette logique de formation “de formateur à formé” est essentielle pour créer une chaîne de transmission des connaissances qui résiste au temps et aux fluctuations du personnel sur le terrain.
Le point central est la capacité des formateurs nationaux à assurer une uniformité des pratiques et une qualité de soins équivalente dans les structures publiques et associatives. Le rôle de ces formateurs est aussi d’anticiper les situations complexes, telles que la prise en charge des nourrissons à risque et des femmes enceintes dans des conditions de ressources faibles, tout en préservant l’intégrité des protocoles et la sécurité des patients. Le renforcement des compétences ne se limite pas à des connaissances techniques: il s’agit aussi de développer des compétences de supervision, de communication et de gestion des cas, afin d’appuyer les équipes locales dans la mise en œuvre effective des directives en milieu opérationnel.
Le cœur du dispositif est l’équipement des formateurs nationaux avec des outils pédagogiques adaptés, des protocoles actualisés et des mécanismes d’évaluation continue. Cette approche garantit que les apprentissages se traduisent par des actes cliniques cohérents et mesurables dans les services, les centres et les communautés. En pratique, cela signifie une meilleure détection précoce des signes de malnutrition et une réponse adaptée qui privilégie la prévention et les traitements précoces. Dans ce cadre, les professionnels de santé, les médecins et les infirmières bénéficient d’un cadre clair et d’un support continu pour assurer une prise en charge conforme et efficace des enfants et des mères vulnérables.
Les témoignages des participants mettent en lumière la valeur ajoutée de cette formation. Le Dr Aweis Olow Hassan, officier nutrition au bureau régional de l’OMS pour la Somalie, souligne que l’objectif est de consolider les capacités des agents de terrain afin qu’ils puissent mettre en œuvre la guideline IMAM 2025 avec une maîtrise complète et une compréhension approfondie des mécanismes de prévention et de traitement. Pour les coordinateurs de programmes comme ceux de World Vision et Concern Worldwide, le bénéfice tient à la clarté des directives et à leur capacité à harmoniser les pratiques entre les établissements partenaires. Cette convergence est un préalable à une couverture plus équitable et efficace des besoins nutritionnels.
Protection et prévention de la malnutrition chez les enfants: nouveaux protocoles et voies d’action
Le nouveau cadre IMAM 2025 n’est pas seulement centré sur le traitement: il formalise une approche préventive renforcée et élargie. Une attention particulière est portée aux nourrissons de moins de six mois, un groupe particulièrement vulnérable dont le développement peut être compromis par une croissance insuffisante et une exposition prolongée à des conditions défavorables. Le guide actualisé propose des stratégies pour améliorer l’alimentation des nourrissons et les pratiques d’allaitement, tout en fournissant des protocoles clairs pour les cas de malnutrition légère à modérée et des mesures d’appoint pour les situations d’urgence nutritionnelle.
Les professionnels de santé, formés à ces nouveaux protocoles, sont invités à adopter une approche proactive en matière de dépistage et de prévention. Le cadre IMAM 2025 insiste sur le rôle des familles et des aidants, qui jouent un rôle prépondérant dans l’identification précoce des signes de retard de croissance et de faible prise de poids, et dans la continuité des soins à domicile. De plus, l’intégration des services liés au VIH et à la tuberculose dans le parcours nutritionnel reflète une reconnaissance des interactions cliniques et des exigences en matière de sécurité sanitaire. En clair, la prévention et l’anticipation constituent des leviers essentiels pour limiter les épisodes graves et améliorer les trajectoires de croissance des enfants.
Au-delà des aspects techniques, la nouvelle IMAM 2025 prend en compte le contexte social et culturel local. Le rôle des communautés de quartier et des leaders communautaires est renforcé afin de favoriser l’acceptation des soins, l’adoption des pratiques optimales et le recours rapide aux services de nutrition. Cette dimension communautaire permet d’améliorer la fréquentation des centres de soins et de soutenir les familles dans la mise en œuvre des recommandations nutritionnelles à domicile. Enfin, l’introduction d’un chapitre dédié à la nutrition en situations d’urgence complète le dispositif, offrant des procédures claires pour les interventions en contexte de crise et de displacement.
Tableau récapitulatif des évolutions clés
| Élément | Avant IMAM 2025 | Après IMAM 2025 | Impact attendu |
|---|---|---|---|
| Objectif principal | Traitement des cas sévères | Prévention + traitement + soutien des familles | Réduction des décès et meilleure croissance |
| Nourrissons concernés | Nourrissons à risque identifiés tardivement | Nourrissons sous 6 mois inclus dans les protocoles | Amélioration du développement précoce |
| Nutrition en urgence | Cadre limité | Chapitre dédié et protocoles clairs | Réponses plus rapides et coordonnées |
Le dispositif de formation et de protection des enfants s’accompagne d’une série de ressources destinées à soutenir les professionnels de santé dans leurs pratiques quotidiennes. Dans ce cadre, une série d’outils pédagogiques et d’outils de supervision est mise à disposition afin d’assurer une application homogène des directives IMAM 2025 dans les différents territoires, indépendamment des conditions opérationnelles. Pour les décideurs et les praticiens, il s’agit d’un cadre qui permet de mieux comprendre les dynamiques nutritionnelles, d’ajuster les interventions en fonction des besoins spécifiques des populations et d’évaluer les progrès sur le plan local et national.
Pour les familles et les aidants, le message est clair: la prévention commence à la maison. Les échanges avec les professionnels de santé, les conseils d’allaitement et les pratiques nutritionnelles adaptées permettent de limiter les risques de retard de croissance et d’affections associées. Cette logique de prévention s’appuie sur des données cliniques et des retours terrain, qui démontrent que des interventions précoces et coordonnées améliorent les trajectoires de santé des enfants et des mères.
Rôle des communautés et accompagnement des familles dans la prévention
La réussite des directives IMAM 2025 dépend largement de l’engagement communautaire. Les travailleurs de terrain et les chefs communautaires jouent un rôle central dans la diffusion des messages nutritionnels, dans la mobilisation des familles et dans l’amélioration de l’accès aux services. Le cadre opérationnel encourage les communautés à adopter des pratiques favorables à la croissance et au développement, tout en favorisant le recours précoce aux services de nutrition lorsque des signes de malnutrition apparaissent. Cette approche implique une collaboration étroite avec les leaders locaux, les écoles, les centres de santé communautaires et les organisations non gouvernementales afin de créer un réseau de soutien autour des enfants et des mères.
Dans les échanges avec World Vision et Concern Worldwide, l’importance d’un alignement clair entre les messages adressés aux communautés et les protocoles en centre de soins a été soulignée. L’objectif est d’éviter les écarts entre les pratiques observées sur le terrain et les directives officielles. La cohérence garantit une meilleure qualité des soins et une plus grande confiance des familles dans les services offerts. Des cas concrets illustrent comment une meilleure communication peut conduire à des dépistages plus précoces, à une meilleure adhésion au breastfeeding, et à un recours plus rapide lorsque des facteurs de risque apparaissent.
Pour les professionnels, la coordination avec les centres de santé communautaires et la mobilisation des ressources locales apportent des résultats tangibles. Le renforcement des compétences des équipes locales s’accompagne d’un élargissement de la supervision et du suivi des cas, afin d’assurer la continuité des soins et l’évaluation des résultats. Ce travail conjoint ouvre des perspectives prometteuses pour une réduction des échecs thérapeutiques et une amélioration durable des indicateurs nutritionnels chez les enfants et les femmes.
En parallèle, les autorités sanitaires soulignent que la prévention passe aussi par des environnements favorables: sécurité alimentaire, accès facilité à des aliments nutritifs, et soutien économique pour les familles vulnérables. Des politiques adaptées et des mécanismes de coordination intersectorielle sont nécessaires pour garantir que les interventions nutritionnelles soient soutenues par des ressources et des opportunités réelles dans les communautés les plus touchées. L’objectif reste clair: chaque enfant bénéficie d’un départ dans la vie sain et équitable, et chaque mère reçoit un accompagnement qui soutient la santé de l’enfant et sa propre sécurité alimentaire.
Parcours et perspectives pour la santé infantile: un regard sur l’avenir
Les perspectives se dessinent autour d’un réseau national renforcé de formateurs et d’équipes de terrain mieux outillées. La continuation des formations et la supervision continue favoriseront une meilleure adhérence des professionnels de santé aux directives IMAM 2025 et, par conséquent, une meilleure protection des enfants contre la malnutrition. Des évaluations régulières permettront de suivre les progrès, d’identifier les obstacles et d’ajuster les interventions en fonction des réalités locales et des évolutions épidémiologiques. À terme, l’objectif est d’observer une réduction mesurable des cas de malnutrition aiguë et une amélioration durable de la santé infantile en Somalie.
Les familles et les communautés restent des partenaires essentiels dans ce processus. En favorisant le recours précoce et en soutenant les pratiques nutritionnelles adaptées, elles renforcent la résilience des systèmes de santé et contribuent à un avenir où chaque enfant peut atteindre son potentiel de croissance et de développement. Le travail conjoint des professionnels de santé, des décideurs et des communautés est la clé pour transformer les résultats de santé en Somalie et dans d’autres contextes fragiles où la malnutrition demeure un défi majeur.
Pour aller plus loin et explorer des analyses similaires, consultez les ressources et les perspectives associées à l’initiative OMS-ECHO et à la mise en œuvre IMAM 2025.
Ressources complémentaires supplémentaires
- Analyse des systèmes de santé en contexte d’instabilité et leçons pour l’action humanitaire
- Évolutions des directives nutritionnelles en urgence sanitaire
- Ressources de formation et modules IMAM 2025
- Cadres de supervision et évaluation des programmes de nutrition
- Protection sociale et sécurité alimentaire en contexte fragilisé
Une attention particulière est accordée aux liens entre les services de santé infantile et les mécanismes communautaires afin de garantir une couverture adaptée et équitable sur l’ensemble du territoire somalien. Le succès dépendra de la continuité du soutien international et de l’engagement durable des partenaires locaux pour assurer que les directives protection et malnutrition bénéficient directement aux enfants et à leurs familles.
Enrichir le dialogue et les échanges d’expériences reste une priorité; les questions posées lors des formations et des visites sur le terrain alimentent une amélioration continue des pratiques, en faveur d’une santé infantile plus robuste et d’un système de santé résilient en Somalie.
Qu’est-ce que l’IMAM 2025 et pourquoi est-elle importante pour la Somalie ?
L’IMAM 2025 est le cadre national révisé pour la prévention et la gestion de la malnutrition aiguë, aligné sur les preuves mondiales et conçu pour mettre l’accent sur la prévention et l’intervention précoce. Cette approche vise à réduire les décès infantiles, améliorer la croissance et renforcer les systèmes de santé locaux à travers une formation et une supervision renforcées des professionnels de santé.
Comment la formation des formateurs nationaux peut-elle améliorer les soins nutritionnels ?
En formant des formateurs locaux, l’information et les meilleures pratiques se diffusent rapidement et de manière homogène, garantissant que les protocoles IMAM 2025 sont appliqués de manière cohérente, même dans les zones les plus reculées ou les contextes d’urgence.
Quel rôle jouent les familles et les communautés dans la prévention ?
Les communautés et les familles sont des partenaires essentiels pour l’identification précoce des signes de malnutrition et l’adhésion aux conseils nutritionnels; leur engagement renforce la prévention et la continuité des soins au-delà des centres de santé.
Quelles sont les attentes en matière de résultats à moyen terme ?
Les résultats attendus incluent une réduction des cas graves de malnutrition, une meilleure croissance chez les enfants et une amélioration de l’accès équitable aux services de nutrition, avec un suivi et une évaluation continus des progrès.


