En bref
- Une révision des listes de médicaments par CVS Health vise à privilégier des alternatives moins coûteuses pour les maladies chroniques, avec des exclusions ciblées sur certains traitements d’Amgen et Lilly.
- Les biosimilaires et les versions génériques jouent un rôle central dans la réduction des coûts, notamment pour les traitements ostéoporotiques Prolia et Forteo, et les économies pourraient dépasser les 50 % par ordonnance.
- La dynamique du secteur des soins de santé s’appuie désormais sur les prestations pharmaceutiques gérées par Caremark et sur le contrôle qu’exercent les PBM sur près de 80 % du marché américain des médicaments sur ordonnance.
- Les brevets et l’entrée de biosimilaires redéfinissent le paysage des traitements pour les maladies osseuses et d’autres indications, avec des implications directes pour les patients et les professionnels de santé.
Dans le contexte actuel, CVS Health met en œuvre une stratégie qui s’appuie sur des mécanismes clairement définis pour optimiser les coûts et l’accès aux soins de santé. Cette approche, particulièrement visible dans les domaines des traitements et des médicaments destinés aux maladies chroniques, repose sur une substitution progressive des traitements d’Amgen et Lilly par des alternatives biosimilaires et génériques lorsque cela est possible sans compromis sur l’efficacité et la sécurité. La présente analyse décrit le cadre, les implications cliniques et économiques, ainsi que les perspectives offertes par cette réorganisation des listes de médicaments couvertes par les régimes d’assurance et les employeurs. Pour clarifier les enjeux, il convient de rappeler que les termes biologiques et pharmaceutiques jouent un rôle fondamental dans la compréhension des choix formulaires et des économies potentielles. Dans ce cadre, les performances économiques et opérationnelles des prestations pharmaceutiques interagissent avec les décisions cliniques et les préférences des patients, ce qui nécessite une vigilance soutenue quant à la sécurité, l’efficacité et l’accès équitable aux traitements. Cette approche se dessine comme un pivot stratégique dans la gestion des coûts et la continuité des soins, tout en imposant une mise à jour des connaissances professionnelles et une adaptation des pratiques de prescription et de coordination des soins.
CVS Health exclut certains traitements d’Amgen et Lilly de ses listes de médicaments pour les maladies chroniques : cadre, mécanismes et enjeux
Dans le cadre d’un renforcement de l’accès économique aux soins, CVS Health annonce une transition majeure dans sa gestion des listes de médicaments, en procédant à l’exclusion de certains traitements d’Amgen et Lilly lorsque des alternatives biosimilaires ou génériques existent. Cette démarche s’inscrit dans une logique de réduction des dépenses et d’alignement sur des options équivalentes en termes d’efficacité thérapeutique, tout en conservant une approche rigoureuse vis-à-vis de la sécurité et de l’efficacité cliniques.
Pour comprendre le mécanisme, il convient de rappeler que les médicaments biologiques ne peuvent pas être copiés à l’identique comme les médicaments génériques conventionnels. Les biosimilaires, qui seront privilégiés dans les listes, sont des versions biologiquement similaires du médicament de référence, avec des preuves d’efficacité et de sécurité comparables. Cette distinction est essentielle, car elle justifie les économies substantielles tout en préservant le cadre thérapeutique. Le changement s’applique à des traitements spécifiques utilisés dans le traitement des maladies osseuses et d’autres conditions associées, reflétant une stratégie plus générale visant à rééquilibrer la couverture des soins de santé face à des pressions budgétaires croissantes.
Plusieurs éléments structurants dictent cette évolution. D’un côté, les brevets et les stratégies de protection de la propriété intellectuelle placent les biosimilaires comme leviers principaux pour modérer les coûts des traitements biologiques. D’un autre côté, la dynamique du marché, dominée par les groupes de prestations de soins, a démontré qu’un large transfert vers des biosimilaires peut réduire les dépenses tout en maintenant les résultats cliniques sur le long terme. Dans ce contexte, Caremark, l’unité de CVS spécialisée dans la gestion des prestations pharmaceutiques, s’inscrit dans une logique d’optimisation des coûts en élargissant l’accès à des versions biosimilaires et des génériques dans les formulaires commerciaux nationaux. L’objectif est clair: diminuer le coût moyen par ordonnance tout en garantissant une continuité dans le traitement et l’observance thérapeutique.
Les données disponibles indiquent qu’un changement comparable a déjà été opéré auparavant avec Humira d’AbbVie, où environ 96 % des membres ayant recours à ce médicament ont été transférés vers des biosimilaires. Cette expérience renforce la confiance dans la faisabilité et l’impact économique des substitutions lorsque les preuves cliniques et les mécanismes d’absorption et de distribution restent identiques ou équivalents. Dans le cadre des évolutions prévues pour 2026, les biosimilaires et les versions génériques des traitements ciblés seront intégrés dans les listes de manière graduelle, avec un calendrier clairement défini et des mécanismes d’accompagnement destinés à informer les prescripteurs, les patients et les régimes d’assurance.
Cadre opérationnel et économie des substitutions
Le cadre opérationnel mis en place par CVS Health s’appuie sur une réduction des coûts par ordonnance et une rationalisation des dépenses liées aux traitements d’Amgen et Lilly identifiés comme cibles d’exclusion dans les listes préférentielles. Le principal bénéfice attendu réside dans une économie par ordonnance qui peut dépasser les 50 %, en comparaison des traitements de marque. Cette projection repose sur une accumulation d’économies réalisées via le recours à des biosimilaires et à des génériques, conjuguée à une gestion plus stricte des négociations avec les laboratoires et à une meilleure consolidation des volumes par les PBM. En pratique, cela se traduit par une révision des formulaires et une adaptation des mécanismes de remboursement et de couverture pour les patients, tout en maintenant un socle de sécurité et d’efficacité validé par les autorités compétentes et les recommandations cliniques.
Les chiffres agrégés jusqu’à présent montrent que le programme biosimilaire a généré des économies brutes estimées à environ 1,5 milliard de dollars pour les clients et les membres à ce jour. Dans le cas des traitements ostéoporotiques, Prolia et Forteo ont des profils économiques et stratégiques particuliers: les brevets américains principaux pour Prolia ont expiré en 2025, et ceux pour Forteo avaient expiré plus tôt, en 2019. Amgen a déclaré des ventes mondiales pour Prolia d’environ 4,4 milliards de dollars en 2025, ce qui illustre l’enjeu économique posé par le remplacement par des biosimilaires. Cette dynamique illustre l’importance des ajustements formulaires comme levier majeur pour optimiser les dépenses tout en préservant l’accès et la qualité des soins.
Réalisme clinique et cohérence des choix thérapeutiques
Pour les professionnels de santé et les patients, la substitution ne doit pas être vécue comme une réduction des options, mais comme une réallocation des choix thérapeutiques autour des biosimilaires et des génériques. Une substitution bien gérée suppose une surveillance renforcée des résultats cliniques, un accompagnement personnalisé et une communication transparente sur les risques et les bénéfices des alternatives. Dans le cas des traitements ostéoporotiques, les options biosimilaires offrent une continuité des mécanismes d’action et des profils d’efficacité similaires, tout en répondant à des impératifs d’accessibilité financière accrue pour les régimes et les patients. Cette approche s’inscrit dans une vision plus large des soins où l’équilibre entre valeur thérapeutique et coût représente un déterminant essentiel du système de santé.

Les enjeux présentés ici invitent à observer les évolutions du paysage des soins et à anticiper les impacts pour les patients et les prescripteurs. La suite examine les détails des traitements visés et les alternatives proposées, avec une présentation concrète des médicaments concernés et des données économiques associées.
Éléments clés et alternatives proposées pour les traitements visés
Les mesures annoncées par CVS Health portent spécifiquement sur des traitements utilisés dans les maladies osseuses et d’autres indications associées, avec des remplacements par des biosimilaires et des versions génériques lorsque cela est possible. Cette section présente les éléments clés et les alternatives prévues, afin de clarifier les options disponibles pour les prescripteurs et les régimes de soins. Dans ce cadre, la substitution est guidée par des évaluations cliniques et économiques, destinées à maintenir une efficacité comparable tout en réduisant les coûts globaux pour les patients et les régimes d’assurance.
- Prolia d’Amgen remplacé par des biosimilaires tels qu’Ospomyv (Cordavis) et Stoboclo (Celltrion).
- Forteo d’Eli Lilly remplacé par des versions génériques et des biosimilaires Bonsity et Tymlos.
- Les économies attendues se chiffrent à plus de 50 % par ordonnance par rapport aux médicaments de marque.
- Les brevets principaux de Prolia ont expiré en 2025; ceux de Forteo avaient expiré en 2019, rendant les substituts biologiques plus accessibles.
La mise en œuvre de ces substitutions reflète une approche stratégique visant à réduire les coûts tout en assurant une continuité thérapeutique. Cela s’inscrit dans une logique plus large où les PBM, les laboratoires et les autorités sanitaires collaborent pour harmoniser les pratiques formulaires et favoriser l’accès à des alternatives équivalentes en termes d’efficacité et de sécurité. Pour les patients, cela peut se traduire par une transition de traitements sans perte d’efficacité perçue, à condition que les professionnels de santé suivent les protocoles de substitution et ajustent les schémas posologiques si nécessaire.
Détails des alternatives et tableau récapitulatif
| Médicament original | Classe thérapeutique | Laboratoire | Alternative | Date d’entrée dans les listes | Économies potentielles | Observations |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Prolia | Traitement ostéoporose et maladies osseuses | Amgen | Ospomyv (Cordavis biosimilare) et Stoboclo (Celltrion biosimilaire) | 1er avril 2026 | Plus de 50 % par ordonnance vis-à-vis du médicament de marque | Brevet US expiré en 2025; biodisponibilité et sécurité validées par les autorités compétentes |
| Forteo | Parathyroid hormone analogue (ostéogénèse) | Eli Lilly | Bonsity et Tymlos (biosimilaires/génériques) | 1er avril 2026 | Économies substantielles prévues par ordonnance | Expirations de brevets antérieures ont facilité l’accès des substituts |
Enjeux et perspectives du paysage des médicaments et des soins de santé
Le dispositif d’exclusion et de substitution décrit ci-dessus s’inscrit dans une dynamique plus large où les soins de santé et l’accès des patients sont directement influencés par les mécanismes de négociation des liste de médicaments et par les choix formulaires des prestataires. Les PBM, dont Caremark, jouent un rôle déterminant en consolidant les volumes et en négociant les conditions avec les laboratoires afin de privilégier les alternatives biosimilaires ou génériques lorsque leur valeur thérapeutique est démontrée et équivalente. Cette approche constitue une réaction pragmatique face à la hausse continue des coûts des traitements biologiques et biologiquement dérivés, qui représentent une part importante des dépenses de santé pour les maladies chroniques et les affections associées.
La transformation des listes de médicaments, notamment autour des traitements ostéoporotiques, reflète une application concrète des principes économiques et organisationnels qui structurent le système de soins moderne. En pratique, cela signifie que les prescripteurs doivent adapter leurs pratiques en fonction des nouveautés formulaires et des preuves cliniques disponibles, tout en restant attentifs à la sécurité et à l’efficacité des substitutions. En parallèle, les patients bénéficient d’un accès plus large à des options équivalentes sur le plan thérapeutique et peuvent observer une réduction des coûts à travers les remboursements et les gestions des dépenses par les régimes d’assurance. Toutefois, ces évolutions nécessitent une information claire et nuancée pour éviter toute confusion entre les différents produits et leurs indications, et pour préserver la confiance dans le système de santé.
Les chiffres communiqués indiquent que les économies réalisées grâce à la stratégie biosimilaire se cumulent à des niveaux significatifs sur l’ensemble du marché américain des médicaments sur ordonnance, avec un contrôle accru par les régimes et les prestataires. La dynamique observée dans le secteur autour de Humira et d’autres traitements emblématiques illustre la potentialité d’un basculement durable vers des alternatives plus accessibles. Ces évolutions imposent une vigilance continue sur les aspects cliniques et économiques des substitutions et sur l’impact à long terme pour les patients et les professionnels de santé. L’objectif final demeure une optimisation mesurée des coûts sans compromettre l’efficacité thérapeutique ni l’adhérence des patients au traitement.
La seconde vidéo ci-dessous complète l’analyse en apportant des perspectives économiques et stratégiques sur les exclusions et les substitutions dans les listes de médicaments, avec un focus sur les dynamiques du marché et les défis opérationnels rencontrés par les prestataires de soins.
FAQ
Qu’est-ce qu’un biosimilaire et en quoi diffère-t-il d’un médicament générique ?
Un biosimilaire est une version biologique similaire d’un médicament biologique de référence, produite à partir de procédés biologiques complexes. Contrairement aux génériques, qui sont des copies exactes de médicaments chimiques, les biosimilaires ont des structures légèrement différentes mais des profils d’efficacité et de sécurité équivalents, validés par des études cliniques et des réglementations spécifiques.
Quand ces exclusions et substitutions entreront-elles en vigueur et quelles sont les conditions ?
Les substitutions visent à entrer en vigueur progressivement à partir du 1er avril 2026, selon les listes et les formulaires nationaux. Elles s’appuient sur des preuves d’équivalence thérapeutique, des économies potentielles supérieures à 50 % par ordonnance et une gestion des risques adaptée avec les prescripteurs et les patients.
Quels impacts attendus sur le coût moyen par ordonnance et l’accès aux traitements ?
Les premiers chiffres indiquent une réduction notable du coût par ordonnance grâce à l’utilisation de biosimilaires et de génériques. L’objectif est d’augmenter l’accès durable aux traitements essentiels tout en maîtrisant les dépenses des régimes et des employeurs. Ce processus nécessite toutefois une surveillance clinique continue pour éviter toute perte d’efficacité ou de sécurité.
Comment les patients peuvent-ils s’informer et s’adapter aux substitutions ?
Les patients doivent s’appuyer sur leur médecin traitant et sur les ressources des régimes d’assurance pour comprendre les alternatives disponibles, leurs indications et les éventuels ajustements posologiques. Une communication transparente entre prescripteurs, pharmaciens et assureurs est essentielle pour préserver la continuité des soins et l’observance.


